Youpi, c’est les soldes !

Comment le minimalisme m’a libérée de l’injonction à acheter

Un samedi après-midi, rue Sainte-Catherine à Bordeaux, je peine à avancer au milieu de la foule chargée de sacs rutilants (en papier bien sûr, les marques se sont pliées à l’injonction anti-plastique. Vive l’écologie !).

Je mets un moment avant de comprendre l’effervescence. Merde, c’est vrai, c’est les soldes ! Et j’ai choisi le pire itinéraire pour ma balade, vu le contexte : la France est en train de vivre un de ses moments les plus heureux, plus excitant qu’un matin de Noël quand on a 5 ans, plus festif qu’un 14 juillet.


Vade rétro soldanas ?

Moi aussi pourtant, ça m’arrive de faire les soldes. Pas plus tard que ce weekend, je me suis acheté une paire de baskets à prix cassé. Je n’avais plus de baskets de ville, et mes chaussures de running étaient en train de rendre l’âme, depuis 6 ans que je cours avec.
Comme je ne me vois pas acheter des chaussures de course de seconde main (pas parce que quelqu’une aura sué corps et âme dedans, mais parce que je veux des chaussures qui ne se soient pas faites à un autre pied, pour être sure d’avoir un bon maintien), j’en ai acheté des neuves. En soldes tant qu’à faire.

Donc bien sûr, les soldes, ça peut avoir du bon. Ce n’est pas le principe de base qui me dérange, mais la démesure que ça prend et les comportements étranges qu’ils occasionnent. Si on ajoute aux soldes les promos de Noël, de la rentrée, et l’incompréhensible Black Friday, il y a des promos tout le temps ! De quoi se dire qu’on nous prend vraiment pour des pigeons à nous vendre des choses aussi chères le reste du temps.
Je connais des gens qui posent une journée ou une demi-journée de travail pour pouvoir faire leurs achats sur Internet peinards le jour du Black Friday. J’imagine que d’autres le font pour pouvoir être là à l’ouverture des boutiques le premier mercredi des soldes. Et je me demande comment on peut penser que ces occasions valent le coup de dépenser, en plus de son argent, du temps pris sur nos précieux congés.

J’ai l’air moralisatrice, mais je suis plus dans l’incompréhension que dans le jugement. Je suis d’autant plus dans l’incompréhension que j’ai moi-même longtemps participé à ce jeu. Dès ma sortie du boulot le mercredi des soldes, je filais faire les magasins, en me disant : zut zut zut, j’espère qu’il reste des choses intéressantes ! Un stress montait, mêlé d’excitation. Je repartais forcément avec quelque chose, et je renouvelais l’opération le samedi suivant, et encore plusieurs fois pendant toute la période des soldes.


Libérée, délivrééée !

C’est comme ça qu’en 2015, quand je suis passée en mode zéro déchet et que j’ai découvert le minimalisme, la mission tri de mon dressing a été mon plus gros chantier. Un vrai chantier, littéralement, vu que mes fringues entassées sur le lit (à la méthode de tri Kon Mari) ressemblait à une montagne de gravats. Des « gravats » que pour la plupart, je n’avais jamais utilisés !

Alors quand je fais la liste des vêtements que je possède maintenant, je n’en reviens pas. Je ne pensais vraiment pas (et ne voulais pas, d’ailleurs) arriver un jour à un minimalisme vestimentaire aussi poussé.

Dans mon placard, il y a :

  • 2 jeans
  • 1 robe d’hiver
  • 1 combi pour l’été
  • 1 short de mi-saison
  • 3 T-shirts / tops à manches courtes
  • 2 chemises à manches longues
  • 3 pulls
  • 1 blazer
  • 1 gilet en laine fine
  • 1 manteau
  • 2 sacs à main (un petit et un grand)
  • 1 sac à dos (qui me sert de sac de tous les jours, sac de boulot ou sac de weekend)
  • 1 ceinture
  • 2 foulards (un fin et un tout chaud)
  • 1 paire de gants
  • 1 bonnet et 1 chapeau
  • 1 paire de lunettes de soleil
  • 1 paire de baskets (qui me sert à la fois de baskets de ville et de running)
  • 1 paire de chaussures fermées
  • 1 paire de sandales
  • Et une paire d’escarpins que je garde planqués dans un coin pour les mariages et autres occasions.

Soit 30 affaires en tout et pour tout pour m’habiller toute l’année, accessoires compris.

A cela il faut ajouter mes sous-vêtements (2 soutiens-gorge, 10 culottes et une douzaine de paires de chaussettes), 2 pyjamas et mes vêtements de sport, une valise pour voyager et un sac pour stocker mon matériel de travail.

Ca me suffit. Parce que j’adore chacune de ces fringues, je ne me lasse pas de les porter.


A quoi ça sert d’avoir aussi peu d’affaires ?

Comme je t’en parlais déjà dans cet article, avoir une garde-robe réduite a pour moi de nombreux avantages : 

  • Je ne passe plus deux heures le matin à chercher ce que je vais bien pouvoir me mettre, et avec quoi. Je sais exactement ce que j’ai dans mon placard, et tout va ensemble. Pas de doute ni d’erreur possible !
  • De la même manière, comme j’ai des pièces multifonctions, ça permet de les porter aussi bien au quotidien que pour un RDV boulot. Il me suffit de remplacer les baskets par mes chaussures fermées, plus chic, et de mettre mon blazer par dessus mon T-shirt ou ma chemise, et le tour est joué.
  • Le gain de place est bien sûr phénoménal. Avant, notre chambre était un dressing géant, il y avait des placards, commodes et étagères partout autour du lit. Maintenant, toutes mes affaires (vêtements, sacs, chaussures et accessoires) tiennent dans 3 tiroirs, hormis le manteau et le blazer que je garde dans la penderie.
  • C’est ce minimalisme qui nous a permis, à moi et mon chéri, de pouvoir emménager sur notre bateau. Vu la taille riquiqui du placard, ça n’aurait pas été possible avant.
  • C’est aussi ce minimalisme qui nous permet de voyager sans nous poser de questions : toutes mes affaires rentrent dans ma valise. Quand je pars, j’emporte tout. Ca nous permet de laisser le bateau vide et de le louer pendant notre absence (et donc de financer les voyages ^^)
  • Bien sûr, ça fait des économies de budget énormes, sans compter que j’achète très souvent mes vêtements de seconde main (sur Vinted, ou en fripe ou boutique solidaire comme celle de la Croix-Rouge). Le poste habillement n’existe plus vraiment dans mon budget, alors qu’avant, il était significatif.
  • Et dernière chose, je m’aperçois avec le temps que le fait de ne plus me poser toutes ces questions sur mon style et mes vêtements me rend aussi beaucoup moins complexée par rapport à mon image.

Comment on fait pour réduire sa garde-robe ?

Déjà, on laisse le temps au temps. Pour moi, il a fallu presque 5 ans !
On ne passe pas d’un dressing de fashionista qui dégaine la carte bleue plus vite que son ombre à une garde-robe de quelques pièces en deux deux.
On y va par étapes. 

Le premier tri est toujours très impressionnant, on pense qu’on a fini et réduit au maximum, et puis au fur et à mesure, on se dit : « tiens et ça, est-ce que je l’utilise tant que ça ? », et on sort encore d’autres choses.

Pour les méthodes de tri, Béa Johnson en parle déjà très bien dans son livre Zéro Déchet. Mais les deux livres qui m’ont le plus motivée à franchir le pas du minimalisme, c’est L’Art de la simplicité de Dominique Loreau, et le best-seller La Magie du rangement, de Marie Kondo.
Je t’invite vraiment à les lire si tu ne sais pas par quel bout prendre le taureau par les cornes avant de l’avoir tué.

Une fois qu’on a fait le premier tri, la règle qui marche très bien, c’est le « une chose rentre, une chose sort » : si tu achètes un pantalon, pas de souci, mais tu donnes un pantalon. C’est cette technique, associée au fait que parfois, on sort quelque chose sans le remplacer, qui m’a permis de réduire mes affaires au fur et à mesure.

Ca, et le fait que je cède beaucoup moins à l’injonction des marques et à l’appel irrésistible des soldes. Avant, pendant cette période, j’achetais des merdes dont je n’avais pas besoin avec des sous que je n’avais pas prévu de dépenser, tout en croyant que j’étais en train de faire des économies. C’est pas magique ça ?

Maintenant je ne m’en sers que pour acheter quelque chose dont j’ai besoin, à prix réduit.

Est-ce que mon processus de réduction d’affaires est achevé ? Est-ce que je suis arrivée au nombre de vêtements le plus réduit possible pour moi ? A l’instant T, je te dirais que oui. Mais si tu vas lire l’article que j’ai écrit il y a un an et demi sur le sujet, je pensais la même chose, et j’avais bien plus d’affaires (une quarantaine contre la trentaine actuelle) !

Alors… on fait le point dans un an ou deux ? ^^

3 commentaires

  1. Haaaaaa c’était la periode «  viens on va chez Promod!! » tellement loin!!
    Résolution de l’année ! Limiter l’achat du neuf ! Et réduire un peu le dressing!!
    Bisous lilou!

    1. Oui j’ai l’impression que c’était dans une ancienne vie ! Moi aussi cette année, j’essaie d’acheter neuf le moins possible (enfin, sauf ma paire de baskets ^^)

  2. Je ne fais plus du tout les soldes, sauf comme toi une paire de chaussure quand je dois en remplacer (cette année mes bottes fourrées, vivant dans un pays froid c’est un confort dont je ne me passe plus et les miennes avaient 5 ans). J’achète aussi presque tout d’occasion, mais j’ai enore beaucoup plus de choses que toi! N’ayant pas de motivations à vivre dans plus petit pour le moment ca me convient, je n’achète plus grand chose et je réfléchi toujours avant de remplacer un habit qui meurre. Comme tu dis, c’est un processus, on en reparlera dans quelques années 😀

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