Ma journée de travail type

Comment équilibrer vie perso et vie pro quand on est indépendante ?

Aujourd’hui, je t’emmène en coulisses pour te parler de mon rythme de travail. Comment est-ce que j’organise mes journées entre vie de freelance et vie perso, projets clients et projets personnels ?

Dans le mythe du travailleur indépendant, on trouve deux tendances :

  • soit on imagine l’indépendant en train de bosser 70h par semaine, en train de faire sa compta la nuit et sa com les weekends, 
  • soit on l’imagine complètement libre de ses horaires, de travailler la nuit s’il préfère comme d’aller boire un café entre amis à l’heure où les autres travaillent. D’où l’idée répandue qu’on peut appeler son ami indépendant à n’importe quelle heure de la journée et qu’il est dispo tout le temps…

La vérité, bien sûr, est souvent entre les deux.

A fond les ballons

Quand on bosse en indépendant.e, on est souvent au four et au moulin, voire, à la boutique et au SAV.
Au moins au départ de son activité, on gère à peu près tous les aspects de son entreprise : 

  • production du travail pour lequel on est payé bien sûr (dans mon cas, un support graphique ou une illustration pour un.e client.e),
  • mais aussi administratif et compta : URSSAF, devis, factures..,
  • communication : démarchage, présence en ligne, publicité éventuelle..,
  • relation clients : avant, pendant et après un projet,
  • réseautage : soirées afterwork, salons, événements divers..,
  • formation pour développer ses compétences,
  • nettoyage de son bureau, et j’en passe.

Ça veut dire que le temps de travail passé à faire effectivement ce pour quoi on est payé, le coeur même de notre métier, est souvent minoritaire par rapport aux autres aspects.
Dans mon cas, je dirais que je dessine / fais du graphisme ou de l’illustration, mon coeur de métier donc, 25 à 30% de mon temps hebdomadaire. 

Selon les moments, l’urgence d’un projet ou le nombre de tâches administratives ou autres à faire, il peut donc m’arriver de devoir travailler le soir ou le weekend. 

Les bornes des limites

A l’opposé, oui, c’est moi qui fixe mes propres horaires, et personne ne vient vérifier si j’ai bien fait mes 7h par jour ou si j’étais au café avec une amie… tant que le travail qu’on m’a commandé est livré dans les temps.

C’est une liberté énorme, et une des raisons pour lesquelles j’ai voulu travailler en indépendante.
Je bosse chez moi, dans un lieu que j’ai choisi et que j’aime (soit sur notre petit bateau à Bordeaux, soit quelque part en France ou en Europe), aux horaires que j’ai déterminés, sans restriction de pauses thé ou pipi, avec ma minette sur mes genoux si j’ai envie.

Mais bien sûr, c’est pas la fête à la maison tous les jours, et globalement, c’est une histoire d’équilibre : je sais que si un après-midi, je préfère aller me balader que travailler, je devrai sûrement rattraper ce temps à un moment dans la semaine.

Au début, comme beaucoup, j’imaginais profiter à fond de cette liberté nouvelle, et travailler quand bon me semblerait. Je me suis vite aperçue qu’il était hyper important de s’imposer une routine et un cadre de travail, pour soi et ses proches comme pour ses clients et collaborateurs.

Pour soi, parce que le cadre permet aussi d’imposer des limites : c’est génial de pouvoir bosser quand tu veux, mais la vérité, surtout quand tu aimes ton métier, c’est que tu risques plutôt de travailler n’importe quand : bonjour les journées de travail qui n’en finissent pas, les weekends inexistants et les vacances… les quoi ? Connais pas.

Pour ses proches, parce que bien sûr ce sont les premiers après toi à subir ce rythme absurde, et la vie de famille / de couple s’en trouve grandement affectée.
Alors oui, s’il est courant pour un indépendant de travailler intensivement à certaines périodes, ça ne doit pas être la règle de base.
De mon côté, j’ai la chance d’avoir un compagnon qui est aussi travailleur indépendant. C’est une chance parce qu’il comprend totalement ce besoin, et lui aussi il peut parfois bosser le soir ou le weekend, et en même temps, nous devons d’autant plus faire attention à préserver des moments pour nous.

Pour ses client.e.s et collaborateurs.trices, parce que travailler en indépendant.e, ça ne veut pas dire travailler seul.e.
Je suis en échange permanent avec mes client.e.s lors de l’avancée d’un projet, ou avec mes collaborateurs.trices (comme Alice, ma super community manager éco-engagée), et il faut bien qu’ils puissent savoir quand me joindre, et qu’on ait des horaires en commun au moins une partie de la journée.
Le freelance qui bosse la nuit et dort la journée parce que ce serait un couche-tard et qu’il préfère travailler comme ça est donc une légende (ou alors, il faut qu’il m’appelle et qu’il m’explique comment il fait).
Si mon.ma client.e a besoin de m’appeler, il.elle ne va pas m’appeler à 20h alors que sa journée de travail finit à 18h. Logique.

La liberté supposée de l’indépendant.e a donc en fait de sacrées contraintes.
Alors, à quoi ressemble ma journée ou ma semaine type ?

Un cadre léger

Voilà l’emploi du temps général noté chaque semaine dans mon planning :

Je découpe mes journées avec ces 3 catégories générales :

  • Le temps pour les projets clients (commandes d’illustration ou de supports graphiques liés à l’écologie ou des activités à impact positif)
    Dans ce temps, il y a bien sûr le temps de production des supports commandés, mais aussi le temps d’échange avec les clients (RDV de préparation de projet, appel téléphonique ou skype pour le suivi des projets en cours…).
    Ça représente 50% maximum de ma semaine de travail.
  • Le temps pour les projets persos / les tâches de fond
    Tous les après-midis sont consacrés à ce que j’appelle le développement de mon activité : administratif (devis, factures), communication (mails, réseaux sociaux), création de contenu pour ma communauté (articles de blog, illustrations personnelles sur l’écologie ou autre, création d’ebook ou de cours en ligne..), projets personnels (vente d’illustrations en ligne, travail avec le collectif d’illustrateurs Dame Jeanne, projets de livres…), et formation (marketing, nouveau logiciel de créa à maîtriser…)
    C’est tout ce travail, qui est énorme, qui peut m’amener à déborder de mes horaires théoriques, pour travailler parfois le soir ou le weekend.

C’est pour cela que mes horaires de travail « officiels » sont assez légers (une petite trentaine d’heures), parce que je sais que je suis souvent amenée à en faire plus.
Au départ, je m’étais fixée un planning de 40h environ. Je me suis aperçue que je débordais de toute façon.
En réduisant mes horaires imposés, j’ai réussi à réduire globalement mon temps de travail.

  • Le temps pour la vie perso
    Avant, les temps de pause n’étaient pas délimités dans mon planning. Je notais uniquement tout ce qui avait trait au boulot, et il était donc encore plus facile de déborder dans ces petits espaces vides qui restaient dans mon agenda.
    Maintenant, je considère que mes « pauses », autrement dit, toute ma vie perso, repas, repos, balades avec mon chéri, soirées entre amis… sont aussi importantes que ma vie pro, donc je les note aussi dans mon planning.

    Le midi, je fais une longue pause de 2h30 à 3h, ce qui me permet d’aller me balader, lire ou manger à l’extérieur. Et ça me fait une vraie coupure entre les projets clients du matin et les projets persos de l’après-midi, ça m’aère l’esprit et me permet de passer à tout autre chose la seconde partie de la journée de travail.

En général, je respecte mes horaires, c’est ce qui me permet de garder un équilibre entre vie pro et vie perso.
Mais par exemple, au moment où j’écris ces lignes, je suis en pleine restructuration de mon site web, et clairement, ça m’a demandé un surplus de travail. Il y a des périodes plus intenses, je l’accepte car je sais que ça reste temporaire.

Il faut dire aussi que la limite est parfois floue quand on a un métier issu de sa passion : si je dessine le soir pour mon plaisir, parce que j’en ai envie, est-ce du travail ? Si je m’éclate à écrire un article, au point de ne pas avoir envie de faire autre chose ce weekend, est-ce grave ?

C’est pour cela que mon cadre reste léger et flexible.

La seule limite que je m’impose, c’est de ne pas travailler sur les projets clients en dehors de mes horaires de travail officiels.
Non pas que ces projets ne soient pas tout aussi passionnants, loin de là. Mais ils ne sont pas nés d’une idée ou envie personnelle et sont donc facilement différentiables de ma vie perso. Et comme mes clients, normalement, ne travaillent pas non plus le soir ou le weekend, il n’y a pas de raison que je le fasse de mon côté.

J’espère t’avoir donné un meilleur aperçu de ce que sont mes journées d’illustratrice indépendante !

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Et toi, tu es plutôt du genre à t’imposer un cadre très routinier, ou tu aimes laisser la place à l’imprévu ? Partage-le-moi en commentaire !

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