Le pouvoir de la fiction

Le top 10 des oeuvres qui traitent d’écologie

Mis à jour le 23/03/2020 : L’année dernière, je te proposais mon top 5 des oeuvres qui parlent d’écologie. Depuis, j’ai découvert de nouvelles pépites, je l’enrichis donc aujourd’hui pour passer au Top 10 ! Bientôt le Top 50 ? (Blague de trentenaire)

PS : Comme je déteste la compétition, ce top 10 n’est pas classé du meilleur au moins bon ou inversement… à toi de te faire ton avis !

Il était une fois dans le sud-est

Je vais te raconter une petite histoire. Il y a quelques années, alors que L214 diffusait ses premières vidéos virales dénonçant les conditions d’abattage des animaux dans les abattoirs, j’habitais à Nîmes, ville toute proche des abattoirs du Vigan et d’Alès montrés du doigt dans leurs premières vidéos. Concrètement, la viande vendue en magasin à Nîmes venait en grande partie de ces abattoirs.

Autant te dire que dans la région, l’effet de ces images a été décuplé. Ma sœur et mon beau-frère par exemple, ont décidé d’arrêter de consommer de la viande suite à ces vidéos, car ils ne pouvaient plus imaginer manger de viande venant de là-bas.

Moi, ça m’a écœurée, beaucoup interrogée, mais je n’ai pas arrêté de manger de la viande pour autant. Peut-être parce que je me dédouanais en me disant que j’en mangeais peu, et de la bio. Pourtant, L214 avait bien montré que cette problématique touchait également les abattoirs traitant de la viande bio. En fait à cette époque, j’étais persuadée que je ne pourrais jamais arrêter complètement la viande.

Un peu plus d’un an plus tard, un soir sur Netflix, j’ai regardé le film Okja. Un film de science-fiction coréen avec un animal imaginaire dérivé du cochon. Tout un programme ! Et pourtant c’est ce soir-là que j’ai décidé, ni une ni deux, d’arrêter de manger de la viande. De suite. Sans transition. Et je n’en ai pas remangé depuis.

Ce que les images crues et terribles d’une réalité toute proche de moi n’avaient pas réussi à faire, malgré toute la réflexion qu’elles avaient suscitée en moi, une oeuvre de fiction l’a fait avec une facilité déconcertante.

La réalité ne dépasse pas (toujours) la fiction

Cette expérience très forte m’a donné la conviction que la fiction et l’imaginaire ont un rôle fondamental à jouer pour accélérer la transition écologique, et c’est ce qui me guide dans mon métier d’illustratrice spécialisée en projets écologiques.

On peut savoir intellectuellement qu’il faut changer, tant qu’on ne le croit pas, qu’on ne le ressent pas émotionnellement, on ne bouge pas. Et la fiction, la narration, sont parmi les vecteurs les plus efficaces pour aller toucher les gens. Oui, on prend littéralement les gens par les sentiments, mais c’est pour leur bien !

Pourtant, il faut bien avouer que les oeuvres de fiction écologiques sont encore rares, qu’il s’agisse d’œuvres dénonciatrices ou au contraire positives et porteuses de solutions.

Pour parler d’écologie, côté vidéo on est souvent limité au documentaire (essentiel bien sûr, mais qui à mon avis ne touche vraiment que ceux qui sont déjà sensibilisés à ces questions), et côté livre, on se retrouve avec des essais de 500 pages pas toujours digestes (mais je t’aime quand même, Naomi Klein !)

Je te propose donc mon TOP 10 des oeuvres de fiction pour sensibiliser à l’écologie, celles que tu peux montrer à ton entourage pour les familiariser avec la problématique sans les saoûler et passer pour une chieuse moralisatrice ! Ce top 10 est forcément subjectif, je t’invite à partager le tien en commentaire !

 


1- Pour s’initier à l’écologie… Princesse Mononoke

Ce dessin animé culte du studio Ghibli, le studio de Hayao Miyazaki, est une vraie fable fantastique et écologique, une ode à la beauté de la nature. La poésie est partout dans les scènes de forêt, et vient s’opposer à la laideur du monde des hommes.

Un classique qui marche aussi bien avec les enfants que les adultes, pour s’initier à l’importance de la préservation des milieux naturels.


2- Pour s’initier à l’écologie bis… Nausicaä de la Vallée du vent

Encore un dessin animé de Hayao Miyazaki, en même temps, j’aurais pu en nommer encore d’autres, Chihiro par exemple.
Nausicaä est sorti en 1984, année hyper forte symboliquement, et qui voyait fleurir les histoires et films post-apocalyptique, d’anticipation ou steampunk typique des eighties. Nausicaä n’échappe pas à la règle et se passe dans un univers chaotique où les hommes tentent de survivre (logique, c’est toujours compliqué après l’apocalypse).
Dans la Vallée du Vent, la menace est double pour les habitants, entre l’attaque de leur voisin, l’Empire tolmèque, et l’avancée inexorable de la forêt toxique. Au milieu de ce bordel, Nausicaä, l’héroïne, essaie de calmer le jeu et de ramener paix et harmonie entre les hommes et la nature.

J’ai mis très longtemps avant de voir ce film, croisé sur ma route de nombreuses fois pourtant… et franchement, je regrette de ne pas l’avoir vu avant ! Si toi aussi tu es passé.e à côté, fonce !

Tout comme Princesse Mononoke, il est dispo sur Netflix. Je dis ça je dis rien, mais on sait toi comme moi qu’on commence à tourner en rond dans cette deuxième semaine de confinement 😉
(Oui je sais… Netflix ?!? On a fait plus écolo ! Je t’en reparle juste en dessous…)


3- Pour repenser sa consommation de viande… Okja

La jeune Mija vit seule avec son grand-père dans les montagnes coréennes. Tous deux s’occupent d’Okja, un énorme cochon, avec qui la petite fille est très liée. Mais un jour, la multinationale qui a développé cette espèce de cochon pas comme les autres vient reprendre son dû… pour l’emmener à l’abattoir.

Mija va se lancer à la poursuite d’Okja pour tenter de la sauver, et dans son périple, elle va découvrir la réalité du monde qui l’entoure.

Je t’en ai parlé plus haut, à mon avis, ce film est un « must-see » pour qui s’intéresse ou veut sensibiliser à la cause animale. Le bon vieux Babe, le cochon devenu berger de notre enfance peut aller se rhabiller, Okja est dans la place.

Ce film fait partie des raisons pour lesquelles je pense que Netflix, « géant du streaming vidéo qui carbure aux énergies fossiles » selon Greenpeace, me semble pourtant d’intérêt public (et je ne parle pas des nombreux docus écolos qu’on y trouve, ou de l’avancée énorme qu’ils apportent en terme d’image à la cause LGBT… ceci est un autre sujet.)


4- Pour flipper un bon coup : la série L’Effondrement

Cette série française, diffusée d’abord en intégralité sur Canal +, puis sur YouTube à raison d’un épisode publié par mois sur la chaîne Youtube Les Parasites, créateurs de la série, est une vraie pépite.

Une pépite un peu dure à avaler, mais une pépite. OK, un gros caillou plutôt.
Un gros caillou dans la mare du « ça va on a encore le temps avant que tout s’effondre, et de toute façon ça peut pas être si terrible, on s’y fera ». Bref, la mare dans laquelle je nage paisiblement, en pensant qu’avec mon mode de vie écolo-bobo, ça vaaaaaa, je suis prête au changement.

Mais je m’égare. Dans L’Effondrement, à chaque épisode, on suit de nouveaux personnages, dans un nouveau lieu, à un moment différent. Le premier épisode se passe à Effondrement J+2 dans une grande surface, le second à J+5 dans une station essence, le troisième à J+6 dans une villa de luxe… bref, t’as compris le concept. Et ce qu’on peut dire, c’est que où qu’on soit, c’est la merde. La vraie, celle où on oublie la solidarité, où c’est moi-d’abord-et-tant-pis-pour-Mamie.

Un bon moyen de se prendre une bonne claque, et de commencer à anticiper et envisager un peu plus sérieusement la possibilité d’un effondrement de notre civilisation.
Bon, est-ce qu’il faut la regarder en pleine période de confinement, quand tu flippes déjà de juste toucher le ticket de caisse que te tend ton caissier ? Pas sûr, mais à garder sur sa liste, sans aucun doute. Sans compter que chaque épisode de la série est tourné en plan séquence, une prouesse hallucinante qui renforce l’intensité de l’ambiance.


5- Pour prendre conscience du gaspillage des ressources… Downsizing

Dans ce film sorti en 2017, le personnage principal, incarné par Matt Damon (on a fait pire) accepte de subir une intervention mise au point par des scientifiques : le downsizing. Concrètement, on te réduit à un mini-moi de 12cm. L’objectif ? Il y en a deux : l’objectif intéressé, c’est qu’on augmente considérablement son niveau de vie (essaie de te nourrir pour 200€ de bouffe quand tu es rassasié avec 3 grains de riz, ou imagine que la maison de tes rêves coûte le prix d’une maison de poupée). L’objectif altruiste, c’est qu’ainsi, on consomme beaucoup moins (de ressources, d’énergie), ce qui permettra de sauver la planète.

Tu t’en doutes, rien ne va se passer comme prévu, sinon il n’y aurait pas d’histoire.

J’aime beaucoup ce film complètement farfelu et plein d’humour grinçant, qui amène une vraie réflexion, surtout vers la fin.


6- Pour s’interroger sur la problématique des déchets… Wall-E

Dans un futur pas si lointain, la Terre est tellement envahie par les déchets que les humains se sont résolus à quitter la Terre. Dans cette immense décharge ne reste qu’un petit robot, Wall-E, désespérément seul, jusqu’à ce que…

Dans le même genre de sujet (la Terre est devenue tellement inhospitalière à cause de notre connerie que les Humains doivent la quitter), j’aurais aussi pu te parler d’Interstellar, film de Christopher Nolan avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway et Matt Damon (encore lui), un des films qui m’a beaucoup marquée ces dernières années. Mais je choisis de te parler plutôt de Wall-E, parce que sa poésie et son humour sont beaucoup plus universels et tout public, et que la question de l’avenir de la Terre reste au centre du film, là où Interstellar préfère résolument partir à la recherche d’une solution dans les étoiles (tu t’en serais douté, vu le titre).


7- Pour s’interroger sur une société qui s’effondre : Tout va bien

Dans cet album BD au dessin très délicat, de Bruno Isnardon et Eva Roussel, un couple qui habite à Lyon sent venir l’effondrement.
Ils se préparent à partir, quitter la ville, avant qu’il ne soit trop tard et que les villes ne soient plus approvisionnées.
On les suit dans leurs préparatifs, et c’est surtout l’aspect émotionnel qui est mis en avant.

Comme dans L’Effondrement, cité plus haut, la tension est palpable, mais l’atmosphère est bien moins anxiogène et le fond s’attache surtout à raconter comment tout un chacun vit les événements en train de se produire.

Édité chez La Relève et la Peste, le premier album est aussi disponible sur le Tumblr des deux auteurs, sur lequel ils ont publié les planches au fur et à mesure.


8- Pour commencer à agir… Tout le monde de raffole pas des brocolis

Bon c’est bien beau, mais maintenant qu’on est sensibilisés à tout ça, on fait quoi ?

Et ben on lit Tout le monde ne raffole pas des brocolis, de Camille Choplin. Un roman « feel good » qui narre les aventures de Corinne, quinqua accro au boulot, aux hommes et au pinard (mais le bon, hein… madame a des principes), qui se rend compte peu à peu que pour aller mieux dans sa vie, un peu plus d’attention envers elle-même et envers la planète ne lui ferait pas de mal. Grâce à Charlotte, sa voisine écolo (un peu trop) engagée, elle va découvrir des petits gestes simples et une autre façon de vivre.

A ma connaissance, ce livre est le premier du genre à associer les codes du roman pour femmes (un peu d’eau de rose, beaucoup de bons sentiments… ne te cache pas, on adore toutes ça) à la question de l’écologie, de manière résolument positive. En bref, c’est le genre de livre qu’on peut tout à fait choisir quand on a envie de lire un truc léger et pas prise de tête, sauf que là, paf, quand tu t’y attends le moins, tu repars avec plein d’idées pour prendre soin de la planète.


9- Pour amorcer un changement politique ? Et nos lendemains seront radieux

Dans cet album BD de Hervé Bourhis chez Gallimard, deux frères et sœurs, activistes écologiques, prennent en otage la Présidente de la République française pour tenter d’imposer une politique écologiste radicale. (Yeaaaaaaahhhh !!!)
Il faut dire qu’ils vivent à une époque, future mais pas si lointaine de la nôtre, où la canicule est annuelle et où 50% de la biodiversité a disparu. Pourtant, de manière absurde, l’utilisation de pesticides ne cessent d’augmenter, et les politiques française, européenne ou mondiale restent d’un immobilisme à toute épreuve. Il est temps d’agir !

J’aime beaucoup le ton de cette BD, notamment grâce au huis-clos entre les deux personnages principaux, sidérés face à une Présidente qui assume totalement sa soit-disant incapacité à faire bouger les choses, les lois et la population sur la question du climat alors qu’elle se dit elle-même sensible à la cause écologique.

Un album pertinent et qui fait terriblement écho à notre actualité.


10- La Belle Verte

Comme je le disais l’année dernière en réponse au commentaire de Tom (voir plus bas), j’ai longtemps hésité à mettre ce film dans ce Top. Pourtant, c’est à mon avis un des films les plus cultes sur le thème de l’écologie. Mais c’est un film français indépendant, à l’atmosphère complètement new age, qui a plus de 20 ans. Bref il est aussi tout-public que La critique de la raison pure de Kant en allemand dans le texte… ou presque. Pourtant c’est une fable merveilleuse, à voir sans hésitation si t’es déjà sensibilisé au problème, et à diffuser avec parcimonie pour les sceptiques !

L’histoire : une habitante de la planète verte, où les êtres vivent en harmonie totale avec la nature, dans la paix et le respect de chacun, part découvrir la Terre et ses humains. Quel choc pour elle face à tant de violence, d’inégalités et de non-respect du vivant et de la nature ! Le film ne cesse de nous interroger sur nos modes de vie et nos relations les uns aux autres, c’est une vraie perle. 


POUR FINIR…

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5 commentaires

  1. Tu me fais découvrir de super titres. Je te partagerai des miens. Soit entres autres « La belle verte » « Nausicaa de la vallée du vent » mais j’en ai une bonne petite liste. 🙂
    Merci pour ce partage.
    *Cœur

    1. Merci Tom !! Effectivement, j’aime beaucoup La belle verte moi aussi, j’ai hésité à le mettre dans ma liste ; mais ce n’est pas vraiment ce que j’appelle un film grand public, et comme le but de ma liste, c’est de pouvoir sensibiliser un maximum, je trouvais qu’il ne rentrait pas dedans. J’ai beaucoup entendu parler de Nausicaa mais je ne l’ai jamais vu, merci pour le conseil, j’irai le voir !!

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