Glossaire de la communication écoresponsable

La Slow communication de A à Z

Dans ce précédent article, on a parlé des principes de base de la Slow communication.
Pour aller un peu plus loin, je te propose un petit glossaire de la communication écoresponsable, pour t’aider à t’y repérer et voir tous les domaines qu’elle peut concerner.

#Caritatif

Une des pistes pour associer respect de la planète et de l’humain à son marketing, c’est par exemple de soutenir officiellement une ou plusieurs ONG / assos caritatives : que ce soit via des messages de com qui affichent le soutien de ta marque, qui mettent l’ONG et ses actions en avant, ou en lui reversant par exemple une partie de ton chiffre d’affaires.

C’est une façon de compenser l’empreinte carbone ou l’impact de ton entreprise (car il faut bien le dire, toute activité économique, même vertueuse ou écoresponsable, a un impact sur l’environnement), et d’un point de vue ROI, c’est bien sûr un plus pour ton entreprise et le développement de son image de marque (même si bien sûr, l’objectif ici n’est pas de tomber dans le greenwashing).

#Carte de visite

La carte de visite reste l’un des principaux supports de com imprimés d’une entreprise. Alors oui, c’est un tout petit bout de papier, et c’est biodégradable (à condition que tu n’aies pas choisi ce maaaââagnifique vernis sélectif, autrement dit cette plastification trop stylée que t’a recommandé ton imprimeur), mais ça représente quand même une quantité énorme de ressources.

On en a toujours sur soi, on la dégaine plus vite que les Cat’s eyes, on la donne à n’importe qui, même quand on sait que la probabilité que cette personne te recontacte est proche du niveau de la mer (qui monte peu à peu, certes, mais quand même).

Bref, la question de sa pertinence se pose. Je t’invite à aller lire cet article pour voir quelles alternatives tu pourrais adopter.

#Économie (Énergie et ressources)

J’aurais pu ici écrire « Ecologie » plutôt que « Économie ».
La Slow communication a notamment pour objectif d’être plus raisonnable dans l’utilisation des ressources de la planète. Ce n’est pas qu’on ne veut plus consommer, mais au moins, on s’interroge en amont sur l’utilité de tel ou tel support, telle ou telle campagne, pour ne plus avoir une consommation sans limite… et sans raison.

On rappelle que le web est hyper énergivore : si c’était un pays, il serait le 3ème plus gros consommateur d’électricité au monde, derrière la Chine et les Etats-Unis, et au total, le numérique consomme 10 à 15 % de l’électricité mondiale.

L’impact de la communication print n’est pas non plus négligeable, entre utilisation du papier et des encres, mais aussi du pétrole éventuel pour transporter / livrer affiches, flyers et autres cartes de visite.

#Économie (Budgétaire)

La Slow communication est-elle plus économe que le Snack content ?

La question mérite d’être posée. Si ça n’allégera pas vraiment l’emploi du temps de ton rédacteur de contenus / ton graphiste / ton chargé de com… ou le tien si c’est toi qui gère cet aspect de ton entreprise, puisqu’en privilégiant la qualité sur la quantité, on ne gagne pas franchement de temps, on peut par contre miser sur une réduction des coûts de production et de publicité : moins d’exemplaires de supports imprimés, peut-être moins de sponsorisation sur les réseaux ou de publicité Google…

#Événement écoresponsable

Dans la communication d’entreprise, les soirées événementielles et autres séminaires ne sont pas l’aspect le moins gourmand en ressources, loin de là.

La première question à se poser est : cet événement est-il vraiment utile à ma communication et à mon image de marque ? Ce salon où je vais chaque année est-il vraiment indispensable, ou est-ce que j’y vais parce que : c’est l’endroit « où il faut être », j’y vais pour retrouver tel partenaire (alors que je pourrais sans doute le voir dans un autre contexte), j’aime bien leur soirée cocktail…

En parlant de petits fours et canapés, il faut aussi se demander l’impact du buffet de son événement. Il existe de plus en plus de prestataires qui proposent des buffets zéro déchet, bio, locavores, végétariens… L’occasion de changer des saucisses cocktail et de marquer les esprits !

La com autour de l’événement doit aussi être ciblée et responsable, selon les principes de la Slow communication.

Enfin, il faut aussi penser plus sobre ou local : plutôt qu’un séminaire d’entreprise sur deux jours au Maroc, avec balade en 4×4 dans les dunes, pourquoi ne pas organiser une soirée ou un weekend dans un lieu accessible en voiture / en train / en bus, comme un tiers-lieu pour faire découvrir la permaculture ou la vie en yourte ? Ca peut franchement être largement aussi dépaysant ^^

#Format

Ici on s’interroge plutôt sur le contenu visuel de ta communication : illustration, photo, diagramme, et bien sûr, vidéo.

Il faut penser à adapter chaque fichier en fonction de son mode d’utilisation : par exemple, pas besoin de télécharger une image HD de 3000 px et de plusieurs Mo pour un affichage sur ton site web !

Ça consomme beaucoup d’énergie pour rien (pas top pour la planète), et en plus, c’est non seulement inutile mais aussi négatif pour toi : ça ralentit le chargement de ton site… et donc, ça a un impact négatif sur l’expérience utilisateur, et sur le référencement.

#Fréquence

La fréquence à laquelle tu communiques est une des notions clés de la Slow communication. On arrête de bombarder à tout va, on communique moins, mais mieux.

Quel est le bon rythme ? Il n’y a pas vraiment de réponse systématique, tout va dépendre de ton activité et de ses besoins.
Ce qui est sûr, c’est qu’on oublie les recommandations pour faire plaisir aux algorithmes, qui recommandent un rythme de stories quotidiennes infernales, et qui préfèrent les vidéos, très énergivores, aux images fixes.

Alors oui, on peut publier de la vidéo de temps en temps ou si celle-ci se justifie, mais il y a d’autres solutions pour rester visible sans inonder son audience : publier du contenu plus qualitatif (tu l’as compris, c’est LE mantra principal de la com écoresponsable), publier régulièrement (mieux vaut publier deux fois par semaine, à jour et horaire régulier, que balancer 10 posts une semaine et plus rien la semaine d’après)…

#Greenwashing

C’est un concept à l’opposé de la Slow communication. On en a beaucoup parlé depuis quelques temps, mais malgré tout, il y a encore des marques qui croient que ça améliore leur image de s’estampiller « vertes » ou écolo alors que dans la réalité, leur démarche écolo est plus que discutable.

Sur le sujet, tu peux aller lire le super article de La Révolution des Tortues.

Dans la Slow communication, l’objectif écoresponsable n’est donc pas un discours de façade creux et empli d’objectifs marketing douteux, mais une ambition authentique et bien réelle de réduire son impact environnemental.
D’ailleurs, on peut avoir un mode de communication écoresponsable sans en informer la Terre entière (même si à mon avis, ce n’est pas parce qu’on est vertueux qu’il faut être modeste, et afficher ses valeurs, aussi bien pour son image de marque que pour en inspirer d’autres, c’est tout à fait positif).

#Growth hacking

Growth hacking = méthode de développement d’entreprise, notamment à travers son marketing, destinée à augmenter de façon ultra-rapide et souvent très artificielle son CA.

Alors c’est sûr, la communication éco-responsable, qui vise plutôt un mode de développement long mais certain et assuré, est aux antipodes de cette notion. Mais en prenant le temps, ça permet aussi d’éviter de faire retomber comme un soufflé le développement durement acquis.
Nul ne sert de courir….

#Mail

Le mail, souvent annoncé comme dépassé, reste pourtant le moyen d’échange privilégié des entreprises, que ce soit dans leur communication intra-entreprise comme dans leur communication extra-entreprise ou marketing.

Des gestes les plus simples (trier et vider régulièrement le contenu de sa boîte mail, supprimer de sa mailing list les abonnés qui ne lisent jamais ton contenu…) aux techniques d’emailing plus complexes (améliorer le contenu de sa newsletter et ses techniques de vente  par mail, optimiser le poids de ses contenus intégrés et de ses PJ…), le mail est un des aspects à ne pas négliger si on veut tendre vers une communication plus responsable.

Et on n’oublie pas d’appliquer la règle du moins mais mieux, que ce soit dans sa newsletter (4 mails dans la semaine, vraiment ???) ou ses messages professionnels (est-il nécessaire d’envoyer un mail avec un historique de messages de 3km, juste pour répondre « OK » ???)

#Minimalisme

C’est l’un des courants de pensée qui sous-tend l’éco-communication. L’idée de « moins, mais mieux » est un concept totalement minimaliste par exemple.

Si ce courant t’intéresse, tu peux aller lire des fondamentaux comme L’art de la simplicité, de Dominique Loreau, ou L’essentiel et rien d’autre, de Fumio Sasaki. Des livres qui parlent du minimalisme dans la vie perso, mais qui m’ont été d’une grande aide y compris dans ma vie pro.

#Print

Comme on l’a vu plus haut, il faut s’interroger sur l’intérêt du print dans sa campagne.
Le flyer a de moins en moins la côte, ou en tout cas n’est souvent plus distribué à tout va, et c’est tant mieux. Pour autant, remplacer systématiquement la communication print par la communication web est souvent une fausse bonne idée.

Le web est très énergivore, souvent plus que le papier. Par exemple, si tu dois lire un document qui te prend plus de 5 minutes, ou que tu vas consulter plusieurs fois, il vaut mieux l’imprimer que le lire constamment sur ton écran !
Il faut donc faire le bilan print / web en fonction de tes besoins et de ce qui sera le plus judicieux (et le plus durable d’un point de vue environnemental).

#Qualité

Depuis le début de cet article, je te parle de qualité, qualité, qualité de tes contenus.
Qu’est-ce que c’est ? Ce sont des articles / publications / messages :

  • qui ne répètent pas du contenu déjà vu 1000 fois sur le web :  on s’interroge sur l’originalité de son contenu
  • qui intéressent vraiment ta cible et lui apportent des infos utiles en rapport avec ton activité : on s’interroge sur la pertinence (encore une vidéo de chat déguisé en lapin alors que tu vends des abonnements à une salle de sport, t’es sûr.e ???)
  • qui restent d’actualité : on s’interroge sur leur durabilité. Alors bien sûr, il est souvent nécessaire de parler de l’actualité, d’un événement, de quelque chose d’éphémère. Mais on n’oublie pas de faire le tri régulièrement, sur son blog notamment, pour regrouper / mettre à jour / supprimer les articles qui ne sont plus pertinents. Ça évite de surcharger les serveurs avec du contenu inutile, ET c’est meilleur pour ton image de marque et ton référencement.

#Réseaux sociaux

Les réseaux sociaux, c’est un des points d’alerte vigilance dans une stratégie de com écoresponsable.
Comme mentionné plus haut, on fait attention à la fréquence et la qualité de ses posts, mais aussi, on n’hésite pas à trier régulièrement son mur Instagram et son fil ou ses albums photos FB.

Il vaut mieux un mur avec peu de publications, mais joli esthétiquement et qui représente bien son entreprise, plutôt qu’un mur de 1000 km, qui montre des projets qui ne te représentent plus, nuisent à l’esthétique de ton mur, et qu’en plus, personne n’ira regarder jusqu’au bout.

Pour m’aider à gérer cet aspect de ma com, j’ai choisi pour ma part de travailler avec une Community manager spécialisé en communication RS d’entreprises écoresponsables (tu ne connais pas encore Alice ? Va voir par là !).
Passer par un.e spécialiste est vraiment un plus, qui me permet de gagner du temps chaque semaine tout en sachant que mes réseaux sociaux sont mieux gérés, pour moi et mon message comme pour la planète.

#Site web

Il existe des développeurs web ou webmasters spécialisés dans l’optimisation ou la création de sites web écoresponsables, peu énergivores.

Tu peux aussi trouver des thèmes WordPress qui te permettent d’avoir un site léger et bien optimisé, qui sera moins gourmand et plus facile à charger.

Pense aussi à optimiser le format de fichier de tes visuels, à t’interroger sur la pertinence de tel ou tel support ou effet (les sites avec des animations de tous les côtés, ce n’est ni très tendance en 2020, ni très écoresponsable…)

#Vidéo

C’est LE format gourmand du web : on entend régulièrement parler des chiffres affolants des sites de streaming comme Netflix, ou de Youtube.

Instagram présente la vidéo comme le format le plus séduisant pour ton audience, celui qu’il faut utiliser en priorité.
Mais il faut toujours se demander si une vidéo est vraiment nécessaire, par rapport à un texte, une image, un podcast, un appel audio ???

Par exemple, je suis toujours dubitative face à la pertinence des lives Facebook, où on passe une heure avec une vidéo sans intérêt de la personne qui est en train de parler. Je préfère aller sur Skype ou Zoom par exemple, commencer et finir en vidéo pour saluer le ou les interlocuteurs, puis passer en simple audio pour le reste de la conférence, s’il n’y a aucune diapo à visionner.

#Slow content

C’est un terme très proche de celui de l’idée de slow communication, mais recentré uniquement sur la création de contenus, en général textuels, là ou la slow communication englobe aussi les notions de graphisme, d’image / vidéo, communication print ou web…

#Zéro déchet

C’est un des autres mouvements, avec le minimalisme qu’on a déjà mentionné, qui sous-tend la Slow communication, en particulier dans la question de la communication imprimée.

S’interroger sur la pertinence d’un support imprimé, d’un goodie distribué à tout va sur un salon, sur la vaisselle utilisée lors d’un événement, c’est réfléchir à la gestion des déchets générés par notre mode de communication.

Si tu veux en savoir plus sur la communication écoresponsable, voici quelques articles intéressants sur le sujet :

Si tu as une question ou un besoin pour un visuel de communication graphique ou illustrée qui prenne en compte cette dimension écoresponsable, n’hésite pas à me contacter !

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5 commentaires

    1. Coucou Claire, merci pour le partage !
      Je ne suis plus sur LinkedIn, ça me faisait beaucoup de boulot pour aucun intérêt pour moi ! Donc en respect de ce que je raconte dans l’article, je me suis désinscrite, pour me concentrer sur d’autres réseaux 😉

  1. Merci Liane pour cet article qui me rassure et me motive, je ne connaissais pas la communication écoresponsable et en étant au début de la création d’entreprise, c’était quelque chose qui me dérangeait et limite m’angoissait : entrer dans le rythme affolé et energivore des algorithmes des réseaux sociaux et de Google.
    J’avais juste une question: connais-tu un créateur ou développeur web ecoresponsable à me conseiller?
    Merci 😊 et belle journée

    1. Bonjour Angelica, je suis bien contente que cet article t’aide un peu à y voir plus clair ! Car oui il est possible d’avoir une communication efficace sans communiquer à outrance (je peux en témoigner, car même si je communique régulièrement sur les réseaux, je n’y partage pas ma vie 2 fois par jour, et pourtant, 80% de mes clients me trouvent via FB ou Instagram).
      Pour le développement web écoresponsable, oui, je peux te conseiller Julie Barbic et son entreprise Humanist Web (http://www.humanistweb.com/), que j’ai rencontrée car elle fait partie du même club d’entreprises écoresponsable que moi et qui est à fond sur la démarche écoresponsable.
      Belle journée !

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